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ANAMNÈSE

ANAMNÈSE

Théâtre d’ombres, de reflets et de musique très vivante.

Une création partagée : Les Rémouleurs / La compagnie Caméléon

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Petite liturgie profane pour quatuor pansif

Il n’est cependant jamais trop tard pour panser. Et si la pensée est démunie, c’est parce qu’elle a cessé de se penser comme soin : comme panser. Mais qu’appelle-t-on panser ? Bernard Stiegler

Théâtre d’ombre, théâtre optique et musique vivante (création originale et interprétation en direct), Anamnèse est écrit pour être jouée dans les chapelles et les églises : il s’agit d’une petite liturgie profane, une remontée des souvenirs du monde, une réflexion joyeuse et méditative sur la catastrophe en cours.

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Anamnèse

Issu du grec ána (remontée) et mnémè (souvenir), ce terme signifie réminiscence, que l’on traduit aussi par ressouvenir.

« Les pensées que l’on garde pour soi se perdent » Paul Valery

Au cours du mois d’avril 2020, nous avons commencé le travail de réflexion, puis, assez rapidement, le travail au plateau, en partant de la notion d’anamnèse, développée par le philosophe Bernard Stiegler dans son livre Passer à l’acte : “Au bout de quelques mois d’incarcération, j’avais écrit, au-dessus de ma tablette où je travaillais et mangeais, ces vers de Mallarmé : Ma faim qui d’aucun fruits ici ne se régale Trouve en leur docte manque une saveur égale. Au fil des jours, je découvrais qu’il n’y a pas de milieu intérieur, mais seulement, demeurant ici, dans ma cellule, en quelque sorte en creux, les restes, les défauts, les artifices en quoi consiste le monde, et par quoi il trouve sa consistance. Je ne vivais plus dans un monde, mais dans l’absence d’un monde. Car, finalement, le milieu extérieur étant suspendu et interrompu, faisant défaut, il n’y avait en réalité pas de milieu intérieur, mais sa réduction à un milieu extérieur lui-même totalement réduit au minimum de ce qu’il en restait dans ma mémoire, constituant mon interminable remémoration à travers le tissu de mes souvenirs, qui allaient devenir pour moi le matériau non pas simplement d’une remémoration désespérée, mais bien d’une anamnèse.”

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La musique d'Ananmnèse

De même que l’image est composée de formes et couleurs structurées dans un cadre , la musique se construit à partir une palette sonore fabriquée en direct . Le son s’organise sous différentes formes, utilisant une instrumentation singulière : clarinette basse, duduk, voisinent avec la matière sonore plus abstraite de la percussion multi timbral Baschet et du cristal Baschet , les voix chantées, scandées, chuchotées s’infiltrant dans une polyphonie imaginée. Le choix des matériaux musicaux se fait en résonance, harmonie, contrepoint ou tension avec l’image fabriquée en direct. La musique d’Anamnèse fait appel à des mémoires concrètes de sons du quotidien, de mélodies et rythmes traditionnels comme le rebetiko grec, de référence classique : réminiscence de l’histoire musicale de chacun. La fabrication du son lié aux gestes, au souffle des instrumentistes trouve un écho avec la création de l’image par le geste des marionnettistes , une polyphonie s’écrit alors composant une partition originale : un quatuor propice à une ouverture de l’imaginaire.


Les structures sonores Bachet

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Fruit d’une recherche menée par Bernard et François Baschet l’un sculpteur, l’autre ingénieur, les structures sonores Baschet ont vu le jour dans les années 50. L’innovation résidait dans l’application aux instruments d’un chapitre de l’acoustique alors inexploitée : la vibration des tiges encastrées, et en conséquence celle interne au métal. De nombreux lieux : Musées, centres culturels en France et à l’étranger ont accueilli ces instruments . La percussion est composée d’un clavier composite qui permet d’obtenir toute une collection de sons s’apparentant à plusieurs familles. Quelques sources en complément :

Les structures sonores baschet à Plérin (janvier et février 2016)

TedX Saint Brieuc Impromptus Percussion et Tôle à voix




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Une dramaturgie de l'image, procédés anciens et outils d'aujourd'hui

Si l’image est maintenant couramment utilisée sur les plateaux de théâtre, les procédés utilisés appartiennent la plupart du temps à des genres connus : image filmée, vidéo et parfois cinéma, ou théâtre d’ombres. Or, un autre genre de spectacle d’images a existé en France, approximativement du 17ème sie cle à la fin du 19ème : le spectacle catoptrique, utilisant lanternes magiques, miroirs sans tain, « camera oscura », praxinoscopes et autres boîtes optiques. Ce genre illustré notamment par Robertson au 18ème siècle et Emile Reynaud à la fin du 19ème , a eu une vogue exceptionnelle durant deux siècles, avant de disparaître, tué par l’invention qu’il avait lui-même engendré : le cinématographe. Ces spectacles utilisaient comédiens, accessoiristes, manipulateurs, projectionnistes et musiciens. Depuis une trentaine d’années maintenant, pour la compagnie des Rémouleurs comme pour d’autres, j’ai entrepris de rendre vie à ces techniques oubliées, en mettant à leur service les matériaux et les outils offerts par la technologie contemporaine : lampes H.M.I., verres anticaloriques, miroirs souples et optiques de hautes qualité. Pour expliquer ma démarche, la comparaison avec l’univers de la marine pourrait fournir une analogie satisfaisante : lorsque l’arrivée de la vapeur les a rendu obsolètes, les clippers et autres trois mats du 19ème siècle étaient parvenus à une quasi-perfection technologique. C’est le monde de la course contemporain qui a relancé ces techniques, leur assignant de nouveaux objectifs. Dans notre société, où le spectateur est abreuvé d’images dès son plus jeune âge, où la télévision impose sa présence dans pratiquement tous les foyers, où le cinéma recourt sans cesse à de nouveaux « effets spéciaux », la présence de l’image sur un plateau de théâtre ne peut plus, ne dois plus se justifier par la simple volonté d’éblouir, de fasciner. Les images que mes machines produisent ont un autre grain que celui de l’image vidéo ou cinéma, leur fabrication se fait en direct, à vue, à l’aide de principes optiques simples, artisanaux. C’est du théâtre.

Olivier Vallet, Montreur d’ombres, comédien, concepteur d’effets spéciaux lumineux et créateur des machines d’Anamnèse. Co-directeur artistique des Rémouleurs Prix « Lumière » aux Trophées Louis Jouvet en 1998, 2000 et 2002 Prix A.R.T.S. (Arts, Recherche, Technologies et Sciences) en 2009 (en collaboration avec François Graner, CNRS, et Patrice Ballet, Laboratoire Interdisciplinaire de Physique). Lauréat du programme « Hors les Murs » 2013 de l’Institut Fançais.

Distribution

  • Sophie Chénet et Bénédicte Jucquois, musique et jeu
  • Florence Boutet et Anne Bitran, manipulations, chant et jeu
  • Création lumière, Anne Bitran
  • Inventions lumineuses, Olivier Vallet
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Aspects techniques

  • Création : 26, 27 et 28 février 2021, 19h30, Chapelle Saint Antoine, 22290 Tressignaux
  • Quatre personnes en tournée
  • Spectacle tout public, à partir de 10 ans
  • Durée : 30 minutes. Possibilité de jouer deux fois dans la même soirée.
  • Jauge : 100 spectateurs
  • Espace scénique : une chapelle de 18 m de long minimum, 9m de large, hauteur 4m minimum.
  • Régie lumière autonome, depuis le plateau. Puissance minimum requise : 2 x 16A
  • Fiche technique complète sur demande.

La Cie Les Rémouleurs est soutenue par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile de France -Ministère de la Culture et de la Communication



photos de répétitions, avril 2020 et photos François Daniel, novembre 2020